Broken link building : commencez par récupérer les vôtres

Ahrefs a mesuré la mortalité des liens sur 2 062 173 domaines depuis janvier 2013. Résultat publié le 29 avril 2022, mis à jour le 2 février 2024 : 66,5 % des liens pointant vers ces sites sont morts. 74,5 % en comptant les indisponibilités temporaires. Dans 47,7 % des cas, la page visée a simplement été retirée de l’index.

Le web perd les deux tiers de ses liens en dix ans. C’est ce qui rend le broken link building possible. C’est aussi ce qui rend urgent de regarder d’abord chez vous.

L’étape que presque personne ne fait

Sur le profil de liens que nous avons disséqué, vingt-six liens visent une adresse qui n’est plus la bonne.

Quatorze domaines référents pointent une URL de service redirigée lors d’une refonte. Douze autres visent une adresse parasite contenant un caractère invisible mal encodé. Un dernier vise une page d’un site qui n’existe plus depuis dix ans.

Aucun n’est perdu au sens strict : les redirections font leur travail. Mais personne ne les surveille, chaque refonte en crée de nouveaux, et le jour où une redirection saute, quatorze liens disparaissent d’un coup.

Récupérer ses propres liens coûte une heure et ne demande de convaincre personne. Aller chercher ceux des autres demande des semaines de prospection, pour un taux de réponse faible. Faites le premier avant le second.

La méthode, en trois passes

Passe 1, chez vous. Exportez la liste des pages de votre site qui reçoivent des liens externes, depuis n’importe quel outil de backlinks ou depuis le rapport « Liens » de la Search Console. Vérifiez le code de réponse de chacune. Toute page en 404 doit être redirigée vers l’équivalent le plus proche, et toute page en 301 doit voir ses liens internes réécrits vers la cible finale.

Passe 2, chez vos concurrents disparus. Cherchez les entreprises de votre filière qui ont fermé, fusionné ou changé de nom. Leurs anciennes pages sont encore liées par des fédérations, des annuaires professionnels, des articles de presse. Un outil de backlinks sur leur ancien domaine sort la liste en quelques minutes.

Passe 3, sur les pages de ressources de votre secteur. Les pages « liens utiles », « nos partenaires », « documentation » des fédérations et des organismes de formation vieillissent mal. Un crawl avec Screaming Frog sur une trentaine de ces pages remonte les liens morts.

Pour les passes 2 et 3, l’outillage est le même : Ahrefs, Semrush ou Majestic pour les profils de liens, Screaming Frog pour les codes de réponse.

Le message qui obtient une réponse

Le taux de réponse ne dépend pas de l’outil, il dépend du courriel.

Un message qui commence par se présenter et finit par demander un lien est ignoré. Un message qui signale précisément quel lien est cassé, sur quelle page, et propose une page de remplacement pertinente sans insister obtient des réponses. La différence tient en une chose : rendre service avant de demander.

Et si vous n’avez rien de pertinent à proposer en remplacement, ne l’envoyez pas. Un lien obtenu par insistance vers un contenu qui ne correspond pas ne vous apporte rien.

La limite honnête

C’est chronophage, le taux d’acceptation est faible, et le gisement s’épuise. Sur une filière étroite, comptez quelques dizaines d’opportunités réelles, pas des centaines.

En revanche, la première passe, celle qui consiste à réparer ses propres cibles, se fait une fois par an en une matinée et n’échoue jamais. C’est le meilleur rapport effort sur résultat de tout le netlinking, et c’est pour ça qu’on la met en premier.

Aller plus loin

Le guide netlinking situe cette technique parmi les autres. Elle se combine bien avec les sources locales de votre région, qui sont souvent celles dont les pages de liens vieillissent le plus mal.