Glossaire – Sanctions Google
Une pénalité manuelle est une sanction décidée par un examinateur de Google, signalée dans le rapport « Actions manuelles » de la Search Console et levée par une demande de réexamen. Une pénalité algorithmique désigne une perte de classement produite par les systèmes automatiques de Google, filtres anti-spam ou mises à jour du classement, sans message ni recours.
L’expression « pénalité algorithmique » n’appartient pas au vocabulaire de Google. Elle sert à nommer une chute de trafic qu’on ne s’explique pas, et l’argument avancé est presque toujours le même : la baisse coïncide avec une mise à jour. Le 20 octobre 2026, nous avons relevé les 39 mises à jour de classement que Google a annoncées depuis novembre 2021. En 2023, au moins l’une d’elles était en cours de déploiement 138 jours sur 365. Une coïncidence de date, à elle seule, ne prouve donc presque rien.
Le diagnostic compte parce que les deux situations ne se traitent pas de la même façon : l’une a un guichet, l’autre n’en a pas. Se tromper de cas fait perdre des semaines à corriger ce qui n’était pas en cause.
Pour bien comprendre :
- Ce qu’est une action manuelle, et comment elle arrive
- Ce qui fait baisser un site sans aucun message
- Le piège de la coïncidence avec une mise à jour
- Neuf mises à jour mesurées sur un même site
- Sortir de l’une ou de l’autre
- Ce qu’on nous demande souvent
Le cas manuel
Ce qu’est une action manuelle, et comment elle arrive
Une action manuelle existe si, et seulement si, elle figure dans le rapport « Actions manuelles » de la Google Search Console. Google la signale aussi dans le centre de messagerie de la Search Console, puis suit la demande de réexamen par e-mail. Sans ce message, il n’y a pas d’action manuelle, quelle que soit l’ampleur de la baisse.
Les règles anti-spam de Google, mises à jour le 28 août 2026, décrivent le mécanisme : les pratiques interdites sont détectées « par des systèmes automatisés et, si nécessaire, par un examen humain qui peut aboutir à une action manuelle ». Le rapport en recense seize catégories, dont une réservée à Google Actualités et Discover. Celles qu’un site d’entreprise rencontre réellement :
- Liens artificiels vers votre site : liens achetés, échanges systématiques, réseaux de sites créés pour se lier entre eux (les PBN). Ce que Google sanctionne dans ces pratiques, et ce qu’il laisse passer, est détaillé dans netlinking artificiel : le risque réel.
- Liens artificiels sur votre site : le site vend ou distribue des liens qui transmettent du classement.
- Contenu pauvre qui ne présente que peu ou pas d’intérêt : pages générées ou recopiées en nombre, sans apport propre (voir thin content).
- Spam généré par des utilisateurs, site infecté par du spam tiers : deux catégories où le site est victime, de commentaires non modérés ou d’un piratage.
- Texte caché, accumulation de mots clés, cloaking et redirections trompeuses : le cloaking consiste à montrer aux robots une page différente de celle que voient les visiteurs.
Le rapport précise la portée : « Il peut s’agir d’un sous-ensemble du site ou du site entier. » Pour le spam, l’action « ne concerne que les pages qui contiennent du spam ». Avant de toucher à quoi que ce soit, lisez donc la liste des URL concernées : une action limitée à un répertoire se traite dans ce répertoire.
D’où vient l’examen ? Un concurrent peut signaler votre site. La page de signalement de Google, mise à jour le 23 avril 2026, indique que Google « peut utiliser » ce signalement pour prendre une action manuelle, tandis que les règles anti-spam précisent que les signalements servent d’abord à améliorer les systèmes de détection automatique. Un signalement déclenche au mieux un examen ; c’est l’examen qui tranche.
Un changement récent concerne directement les sites européens. Depuis le 30 août 2026, à la suite de l’enquête de la Commission européenne, les actions manuelles pour abus de réputation de site (des pages de tiers, pages de prêts ou de casinos rédigées par des tiers, par exemple, hébergées pour profiter de l’autorité d’un site hôte) ne s’appliquent plus aux résultats affichés dans l’Espace économique européen. La partie concernée peut y être classée à part et évaluée sur ses propres mérites. La notification dans la Search Console et la demande de réexamen restent en place.
Le cas automatique
Ce qui fait baisser un site sans aucun message
Derrière l’expression « pénalité algorithmique » se cachent deux mécanismes que Google distingue nettement.
Les systèmes anti-spam, dont SpamBrain, tournent en continu et sont renforcés à chaque spam update. Depuis l’intégration de Penguin au classement principal, annoncée le 23 septembre 2016, Google explique qu’il « dévalue le spam en ajustant le classement selon les signaux de spam, plutôt que d’affecter le classement du site entier ». La link spam update du 14 décembre 2022 l’a formulé encore plus nettement : SpamBrain « neutralise » les liens artificiels, et le crédit qu’ils transmettaient « est perdu ». Ce qui ressemble à une sanction est souvent la disparition d’un bénéfice qui n’aurait pas dû compter, et il n’y a alors rien à lever. Le fonctionnement d’un backlink et le rôle de l’ancre de lien expliquent ce qui est neutralisé.
Les core updates, ces révisions d’ensemble du classement, ne visent personne. La documentation de Google, mise à jour le 10 décembre 2025, le dit en toutes lettres : ces changements « sont de portée générale et ne ciblent ni des sites ni des pages en particulier ». Un site recule parce que d’autres pages sont jugées plus utiles que les siennes sur ses requêtes. Le mot « pénalité » est ici impropre, et il oriente vers une mauvaise question (qu’ai-je fait de mal ?) au lieu de la bonne (qu’est-ce qui répond mieux que moi ?). La fiche Google core update détaille leur fonctionnement.
Le système de contenu utile illustre cette frontière. Annoncé le 18 août 2022 sous le nom de Helpful Content Update, d’abord pour les recherches en anglais, il était décrit par Google comme « entièrement automatisé » et « ni une action manuelle ni une action anti-spam ». En mars 2024, il a été fondu dans les systèmes de classement principaux. Google prévoyait alors 40 % de contenu de faible qualité en moins dans ses résultats ; le 26 avril 2024, Elizabeth Tucker, directrice produit chez Google, annonçait 45 %. Le même 5 mars 2024, trois règles anti-spam ont été ajoutées : abus de domaines expirés, contenu produit à grande échelle, abus de réputation de site.
Ordre de grandeur : lors du Search Central Live de Barcelone, le 2 octobre 2026, Gary Illyes, analyste chez Google, a indiqué que Google écarte 40 milliards de pages de spam par jour, et que le contenu produit à grande échelle devient un problème plus important que le spam de liens, selon le compte rendu de John Campbell (agence ROAST) repris par PPC Land.
Le diagnostic
Le piège de la coïncidence avec une mise à jour
Le réflexe habituel consiste à superposer la courbe de trafic au calendrier des mises à jour publié sur le Google Search Status Dashboard. Le calendrier est fiable ; c’est la conclusion qui l’est moins. Sur les 16 core updates du tableau de bord, le déploiement a duré de 6 jours (décembre 2024) à 45 jours (mars 2024), 14 jours et demi en valeur médiane. Les spam updates vont de 19 heures à 29 jours. Additionnées, ces fenêtres couvrent une part considérable de l’année.
Relevé B-Strong du 20/10/2026
Une mise à jour Google est en cours un jour sur trois
Part des jours de l’année où au moins une mise à jour de classement annoncée par Google était en cours de déploiement, puis la même part en ajoutant la semaine que Google recommande d’attendre après chaque fin de déploiement.
Pendant le déploiementDéploiement + 7 jours
- 202229,9 % 41,9 %10 mises à jour
- 202337,8 % 52,6 %9 mises à jour
- 202430,9 % 39,9 %7 mises à jour
- 202521,1 % 27,9 %4 mises à jour
- 2026*15,8 % 30,1 %6 mises à jour
Avec JavaScript activé, un vérificateur indique ici les mises à jour en cours à la date de votre baisse.
Google recommande d’attendre « au moins une semaine complète » après la fin d’une core update avant d’analyser ses données dans la Search Console. En comptant cette semaine, une date tirée au hasard tombait dans une fenêtre de mise à jour 42 % du temps en 2022, 53 % en 2023, 40 % en 2024 et 28 % en 2025. Autrement dit, selon l’année, entre une chute sur quatre et une chute sur deux « coïncide » avec une mise à jour par simple hasard de calendrier.
La coïncidence devient un indice quand elle s’accompagne d’autres signes : une baisse qui démarre pendant le déploiement et non avant, qui touche un type de pages précis, et qu’aucune cause plus simple n’explique. Ces causes plus simples se vérifient en premier : une balise noindex ou un robots.txt modifié, une refonte ou une migration, une saisonnalité de la demande, ou une anomalie de mesure dans la Search Console.
Mesure de terrain
Neuf mises à jour mesurées sur un même site
Pour un site e-commerce que nous suivons, nous avons mesuré l’effet de chaque mise à jour annoncée sur seize mois de Search Console, en comparant les 14 jours qui suivent le lancement aux 14 jours qui le précèdent.
Mesure B-Strong, site e-commerce client
Neuf mises à jour Google, un seul site : ce qui a bougé
Clics Google (recherche web) des 14 jours qui suivent le lancement de chaque mise à jour, comparés aux 14 jours qui le précèdent.
- Core update de juin 2025 lancée le 30/06/2025+7 %
- Spam update d’août 2025 lancée le 26/08/2025+20 %Déploiement de 26 jours : la fenêtre n’en couvre que la moitié.
- Core update de décembre 2025 lancée le 11/12/2025−29 %Fenêtre qui englobe les fêtes de fin d’année, sans site témoin.
- Discover update de février 2026 lancée le 05/02/2026−10 %Concerne Discover, pas la recherche web mesurée ici.
- Spam update de mars 2026 lancée le 24/03/2026+6 %
- Core update de mars 2026 lancée le 27/03/2026+5 %
- Core update de mai 2026 lancée le 21/05/2026+2 %
- Spam update de juin 2026 lancée le 24/06/2026−6 %
- Spam update d’août 2026 lancée le 18/08/2026+25 %
Un seul recul net sur neuf, et c’est le seul qu’on ne peut pas attribuer à la mise à jour.
Sur neuf mises à jour, une seule montre un recul net : −29 % de clics après la core update du 11 décembre 2025. Or sa fenêtre englobe les fêtes de fin d’année, et sans site témoin, impossible de séparer l’effet de la mise à jour de celui de la saison. La baisse de février 2026 coïncide avec une mise à jour qui ne concernait que Discover, pas la recherche web mesurée ici. Les sept autres sont neutres ou positives, dont +25 % pendant la spam update d’août 2026.
Cette mesure a ses limites, et nous les publions avec elle : quatorze jours ne couvrent pas un déploiement de vingt-six jours comme celui d’août 2025, et un seul site ne fait pas une loi. Elle suffit à montrer qu’un site sain traverse la plupart des mises à jour sans dommage visible, et que la seule baisse marquée de la série est aussi la plus difficile à attribuer.
Les recours
Sortir de l’une ou de l’autre
Les deux situations n’ont en commun que leur effet sur la courbe. Tout le reste diffère, de l’interlocuteur au délai.
| Action manuelle | Baisse algorithmique | |
|---|---|---|
| Qui décide | Un examinateur de Google | Des systèmes automatiques : filtres anti-spam (SpamBrain) ou systèmes de classement |
| Comment vous le savez | Rapport « Actions manuelles » et message dans la Search Console | Aucun message : seulement votre courbe et le calendrier des mises à jour |
| Ce qui est touché | Une partie du site ou le site entier, précisé dans le rapport | Des pages, des requêtes, parfois tout le site, sans liste fournie |
| Recours | Demande de réexamen, une à la fois | Aucun : corriger, puis attendre une nouvelle évaluation |
| Délai annoncé par Google | Plusieurs jours, voire plusieurs semaines ; plus long pour les liens | Plusieurs mois possibles, parfois jusqu’à la core update suivante |
| Désaveu de liens | Prévu pour ce cas, après tentative de retrait des liens | Inutile pour la plupart des sites, selon Google |
Face à une action manuelle, l’aide de la Search Console fixe la marche à suivre : corriger le problème sur toutes les pages concernées (« il ne suffit pas de résoudre les problèmes sur certaines d’entre elles uniquement »), puis envoyer une demande de réexamen qui explique le problème, décrit les corrections et documente le résultat. Pour des liens artificiels, Google demande d’abord d’obtenir leur retrait et de ne désavouer que ceux qui restent. N’envoyez pas de seconde demande avant la réponse à la première. Le traitement « peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines », davantage pour les liens.
La récidive se paie. En septembre 2015, Google prévenait que les sites qui retombent dans les mêmes pratiques après un réexamen réussi, par exemple en retirant l’attribut nofollow de liens vendus, auront plus de mal à obtenir une levée ensuite.
Face à une baisse algorithmique, il n’y a personne à qui écrire. La documentation des core updates indique qu’il « peut falloir plusieurs mois » pour que les systèmes constatent une amélioration, et que sans effet au bout de quelques mois, il faut parfois attendre la core update suivante. Google y déconseille les corrections express et présente la suppression de pages comme un dernier recours. Une analyse de fond, page par page et requête par requête, est ce qu’un audit SEO doit produire avant toute décision.
Les ordres de grandeur donnés par Gary Illyes à Barcelone, toujours selon le compte rendu de la conférence : une à deux semaines pour lever une action manuelle, quatre à six semaines dans les cas lents, bien plus pour un site peu actif ; trois à six mois pour remonter après une core update, six mois à un an quand il faut attendre la suivante. Le détail figure dans les délais dévoilés par Google en 2026.
Ce qu’on nous demande souvent
Comment savoir si mon site a une pénalité manuelle ou algorithmique ?
Ouvrez la Search Console, menu « Sécurité et actions manuelles », rapport « Actions manuelles ». Si un message y figure, il s’agit d’une action manuelle, avec sa catégorie et sa portée. S’il est vide, ce n’en est pas une. Datez ensuite le début de la baisse, vérifiez les causes techniques et saisonnières, puis seulement le calendrier des mises à jour, en gardant à l’esprit qu’une date prise au hasard tombe dans une fenêtre de mise à jour une fois sur quatre à une fois sur deux selon l’année.
Une demande de réexamen sert-elle après une core update ?
Non. Le bouton « Demander un examen » n’existe que dans le rapport des actions manuelles, quand une action est en cours. Après une core update, il n’y a aucune décision à contester : le classement a été recalculé pour l’ensemble des sites.
Un concurrent peut-il faire pénaliser mon site ?
Il peut le signaler, et Google indique qu’un signalement peut mener à une action manuelle après examen. Pour les liens douteux pointant vers vous, l’aide de la Search Console est claire : « dans la plupart des cas, Google peut déterminer à quels liens se fier sans indication supplémentaire ». Le désaveu ne se justifie que face à un volume important de liens artificiels qui ont causé, ou risquent de causer, une action manuelle. Google le qualifie de fonctionnalité avancée qui, mal employée, « peut nuire » au site.
L’action manuelle est levée : mon trafic revient-il ?
Le site redevient éligible, mais l’aide de Google ne promet aucun niveau de classement après la levée. Si l’action portait sur des liens achetés, le crédit qu’ils apportaient ne revient pas : le site retrouve la place que ses autres atouts lui donnent, pas celle qu’il occupait grâce à ces liens.
Faut-il supprimer des pages après une baisse ?
Pas par réflexe. En 2022, Google écrivait que retirer le contenu inutile pouvait aider le reste du site ; sa documentation actuelle sur les core updates présente la suppression comme un dernier recours, après avoir évalué les pages les plus touchées. Une page qui ne sert à personne peut partir ; une page qui répond mal à une vraie question gagne souvent à être réécrite.
Sources citées
- Google, aide Search Console : Rapport sur les actions manuelles
- Google Search Central : Règles anti-spam pour la recherche Google (mise à jour du 28/08/2026)
- Google Search Central : Signaler du spam ou des problèmes de qualité (mise à jour du 23/04/2026)
- Google, aide Search Console : Désavouer des liens vers votre site
- Google Search Central Blog : Repeated violations of Webmaster Guidelines (18/09/2015)
- Google Search Central Blog : Penguin is now part of our core algorithm (23/09/2016)
- Google Search Central Blog : What creators should know about Google’s August 2022 helpful content update (18/08/2022)
- Google Search Central Blog : December 2022 link spam update (14/12/2022)
- Google Search Central Blog : March 2024 core update and new spam policies (05/03/2024)
- Google, The Keyword : Elizabeth Tucker, New ways we’re tackling spammy, low-quality content on Search (05/03/2024, mis à jour le 26/04/2024)
- Google Search Central : Guide des systèmes de classement de la recherche Google (mise à jour du 10/12/2025)
- Google Search Central : Ce que les créateurs doivent savoir sur les core updates (mise à jour du 10/12/2025)
- Google Search Status Dashboard : Historique des incidents « Ranking » (consulté le 20/10/2026)
- Search Engine Land : Barry Schwartz, actions manuelles pour abus de réputation de site dans l’EEE (28/08/2026)
- PPC Land : Compte rendu des délais présentés par Gary Illyes à Barcelone (03/10/2026)
Relevé du calendrier et calculs B-Strong du 20/10/2026 ; mesure Search Console d’un site client anonymisé, export du 19/09/2026. Fiche mise à jour le 20 octobre 2026.
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Nous datons la baisse, lisons votre rapport Actions manuelles, écartons les causes techniques et saisonnières, puis vous disons s’il s’agit d’une sanction, d’une mise à jour ou d’autre chose.
